dimanche 15 juillet 2018

Testament à l'anglaise de Jonathan Coe




Je ne sais plus qui a dit que: << Tout ce qui est excessif est insignifiant*.>>. Si « Testament à l'anglaise » n'est pas insignifiant, pourtant il est incontestablement excessif tant par sa charge politique que par le baroquisme de son style.
Avec ce gros roman de plus de 600 pages, Coe a voulu écrire sa saga des Forsyte; mais, époque oblige d'une façon caricaturalement post moderne. Il nous raconte donc la geste d'une famille de grands bourgeois anglais sur trois générations. Il y a, cela semble le passage obligé pour bien des romanciers, un livre dans le livre car le narrateur Michael Owen, un écrivain en panne d'inspiration, agoraphobe et dépressif écrit un ouvrage sur la puissante et sinistre tribu des Winshow. Il a été chargé de ce labeur par la vieille Tabitha Winshaw qui déteste sa famille et notamment son frère Lawrence qu'elle accuse d'avoir été un espion à la solde des allemands et d'être directement responsable de la mort de Godfrey, frère préféré de Tabitha, dont l'avion a été abattu par les allemands lors d'une missions de reconnaissance au-dessus de Berlin.
Le panorama sur les Winshaw est écrit d'une façon plus ou moins chronologique, ce qui n'exclut pas de nombreux retours en arrière et quelques redoutables ellipses. Coe entrelarde l'ouvrage d'éléments romanesquement impurs, un peu à la manière d'un Dos Passos, articles de presse, extraits de journaux intimes...
A travers les agissements de la famille Winshaw, Jonathan Coe nous raconte cinquante ans de l'Histoire d'Angleterre en mettant surtout le projecteur sur les années Thatcher dans laquelle, selon l'auteur, de grandes familles, dont les Winshaw sont le prototype, ont mis en coupe réglée le pays. C'est un peu les Forsythe chez Ken Loach...
Si les dominants sont de parfaits salauds, les dominés eux sont des niais apathiques plus que manichéen Coe apparaît à travers « Le testament anglais » comme un misanthrope. La particularité de tous ses personnage c'est qu'ils sont obsédés par le sexe, le pouvoir, l'argent, une image de leur passé, une idée fixe... Ils sont tous incapables de dévier de leur marotte mortifère.
Le regard de l'auteur est extrêmement partial et plus curieusement très partiel avec des impasses gênantes si on veut avoir une idée de ce qui a conduit au Thatchérisme, rien sur la famille royale pas citée pas plus que Churchill, la fin de l'empire colonial n'est pas pris en compte, pas plus que la question raciale et son grand dénonciateur que fut Enoch Powell, le candidat malheureux à la tête des conservateurs face à la dame de fer! Ses silences faussent la perspective que l'on a de l'Histoire du Royaume-Uni de l'après guerre lorsqu'on lit le roman. Avec « La ligne de beauté » Hollinghurst fait un travelling sur les années Thatcher beaucoup plus habile et efficace que Coe.
Si pour le plaisir de la lecture, il faut accepter cette vision manichéenne des choses, ce qui est tout de même un peu difficile pour un lecteur ayant vécu cette période et ayant connu la Grande Bretagne pré-Thatcher. Je rappellerais que la Dame de fer n'est pas arrivée au pouvoir par un coup d'état comme pourrait le faire croire le roman mais a été élue trois fois de suite par les britanniques, puis a été remerciée par les membres de son propre parti.
Chers lecteurs,
Vous n'êtes sans doute, pour la plupart, pas assez vieux, contrairement à moi, pour avoir connu la Grande Bretagne d'avant Thatcher. En ce qui me concerne je l'ai visitée plusieurs fois et je travaillait à l'époque avec quelques unes de ses entreprises. L'Angleterre d'alors était un pays en faillite. Par exemple, Il y avait de longues coupures de courant deux fois par semaine, si je me souviens bien, cela pour économiser l'énergie. Elles étaient instaurées par le gouvernement travailliste dirigé par Wilson, puis par Callaghan. Lorsque l'on se promenait dans Londres les traces des bombardements que la ville avait subis lors du Blitz étaient encore visibles. Si le chômage n'était pas important c'est uniquement parce que de nombreux emplois étaient de fait subventionnés par le gouvernement, ceux-ci étant improductifs pour ne pas dire de complaisance. J'ai retrouvé un climat similaire à Cuba il y a une dizaine d'années... L'Angleterre était alors installée dans une sorte de socialisme mou. Le pays vivait à crédit. En outre malgré la City, la livre était faible (encore plus qu'aujourd'hui). Il était impossible que le pays puisse continuer ainsi car tout simplement l'état était en cessation de paiement; d'où les privatisations et les arrêts des industries improductives, comme les mines de charbon, instaurés par le gouvernement conservateur de Thatcher. Bien sûr de nombreuses personnes se sont retrouvées sans travail mais d'abord pour certains ils ne travaillaient pas beaucoup... L'action de Thatcher a été salutaire pour le pays. Il suffisait de voir l'état du Royaume uni avant... le brexit et de le comparer avec celui des années d'avant Thatcher.! Le malheur de la Dame de fer c'est qu'elle n'avait qu'un mantra: la privatisation; alors qu'après son deuxième mandat le pays avait changé grâce à elle mais elle n'a semblé pas s'en apercevoir! D'où son remerciement par les conservateurs et son remplacement par John Major. Mais en définitive c'est Blair qui a recueilli le bénéfice de l'action de la Margaret Thatcher avant de dilapider son crédit politique avec la désastreuse aventure irakienne...
Revenons, après ce petit rappel historique à la littérature.
Les outrances du romancier jettent un discrédit sur sa dénonciation de l'ultra libéralisme; dénonciation qui n'est pas pourtant dénué de fondements. Mais comment croire qu'en 1980, un industriel allemand, dans son bureau dans lequel trône un portrait d'Hitler somptueusement encadré! puisse faire signer un contrat au son d'un discours du führer...
« Testament à l'anglaise » a une curiosité de construction qui pourrait passer pour une faute, si elle n'était pas très probablement volontaire, le grand méchant de l'histoire qui est à la source de toute l'intrigue est un des personnages les moins fouillés du roman. Il n'existe en creux par le récit des autres protagonistes, si bien que l'on ne connait pas ce qui l'a conduit à sa trahison...
Comme dans tout bon roman post-moderne les références sont multiples, c'est même à cela que l'on reconnaît le post-modernisme. Certaines sont avouées et transparentes comme celles à des romans comme « Les dix petits nègres » d'Agatha Christie ou à « Goldfinger » de Ian Fleming d'autres sont plus souterraines comme celles au film « L'abominable docteur Phibes ». Malheureusement on sent un peu trop l’effort de construction avec les flashbacks et les points de vue qui alternent. On sent aussi le travail parfois un peu appuyé de références par exemple au Cluedo ou à un film médiocre des années 60 (qui porte en anglais le même titre que le roman que vous tenez entre les mains). Toutefois Coe nous surprend absolument avec sa fin digne de Fantomas.
De coups de théâtre en savoureux portraits, de retours en arrière en brusques accélérations, le lecteur, toujours tenu en haleine malgré l'agacement qui souvent l'assaille, est médusé de voir un roman social se muer en thriller puis carrément en histoire gore. Coe à la démoniaque habileté pour phagocyter son lecteur de le placer insidieusement du coté des bon. Littérature britannique oblige dans cette histoire d'une noirceur d'encre l'humour n'y est jamais absente, en particulier grâce aux dialogues d'un cynisme réjouissant. L' écriture de « Testament à l'anglaise » est incontestablement un tour de force. Et puis Coe s'y connait pour relancer l'intérêt à chaque fin de chapitre, il est impossible d'abandonner ce roman baroque en cours de route. 


* Je crois que c'est Talleyrand mais je n'en suis pas certain.    




Deni Ponty


Gianni Berengo Gardin



























une affiche de Jacques Martin



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Duncan Grant


Apparition à Pasteur par Bruno



Au début des années 70, certaines stations du métro parisien furent habillées d'un revêtement métallique cachant les traditionnels carreaux blancs de faience. Aujourd'hui la R.A.T.P veut revenir à l'habillage de carreaux pour cela on démonte les plaques de l'ancienne décoration et dessous parfois apparaissent des affiches vieilles de près de 50 ans. C'est le cas à la station Pasteur...




samedi 14 juillet 2018

Joanna Chrobak


François Boisrond "Tour 93" - 1995


A bicyclette
























Dunbar Dyson Beck ( 1902-1986)










Beck était un artiste connu pour ses peintures murales et portraits qui ont remporté le Grand Prix de Rome en 1927 et conçu une fresque dorée pour le piano Steinway à la Maison Blanche ainsi que des fresques pour l'Exposition universelle de 1929 à New York et une peinture murale dans le hall d'entrée. Rockefeller Center, NYC en 1934.