samedi 12 mai 2018

Christopher ’’Kit’’ Wood (1901-1930) (réédition complétée)



Autoportrait, 1927


Christopher ’’Kit’’ Wood est né le 7 avril 1901 à Knowsley, près de Liverpool. Il est mort le 21 août 1930 à Salisbury. Wood était un peintre anglais dont l'oeuvre, malgré la disparition prématurée de son auteur à la vie bohème, mouvementée, marquée par l'addiction aux drogues, a influencé le développement du modernisme anglais en peinture. Il est un des rares peintres britanniques à avoir obtenu une certaine reconnaissance dans la mouvance artistique parisienne des années 1920.



Fils de médecin, Christopher Wood s'initie au dessin à l'âge de quatorze ans, pendant une convalescence. En 1919, il débute des études d'architecture à l'université de Liverpool où il rencontre Augustus John qui l’encourage à devenir peintre avant que le collectionneur Alphonse Kahn ne l'invite à se perfectionner dans cette voie à Paris.

Dès 1921, Wood, surnommé ‘’Kit’’ par ses amis, y suit les cours de l'Académie Julian puis de la Grande Chaumière. Il s'intègre rapidement dans les cercles artistiques à la mode où Khan lui présente le diplomate chilien Antonio de Gandarillas, neveu de la mécène Eugenia Huici de Errázuriz. Cette rencontre aura une influence décisive sur la vie du jeune Wood. Riche, dilettante, homosexuel, opiomane et mondain, Tony de Gandarillas lui présente de nombreux artistes vivant à Paris, l'initie à l’opium tandis que les deux hommes deviennent amants. Gandarillas soutiendra financièrement Wood, souvent impécunieux, jusqu’à sa mort. Pendant plusieurs années, le couple mènera une vie parisienne de bohème mondaine entrecoupée de nombreux voyages et séjours à travers l'Europe, en Afrique du nord, en Grèce et en Italie.
En 1925, Wood rencontre Jean Cocteau, également opiomane, dont le style influencera son dessin. Wood expose pour la première exposition personnelle à Londres. La même année, Eugenia Errázuriz le présente à Picasso, dont l’influence est indéniable sur son oeuvre de Wood. Picasso apprécie le travail du jeune anglais.

Toujours en 1925, il expose en compagnie de Paul Nash à la galerie Redfern à Londres. Il y rencontre un couple d’artistes anglais, Ben Nicholson et son épouse Winifred avec lequel il restera intimement lié jusqu’à la fin, tant sur le plan personnel que sur un plan artistique. C'est durant ces années qu'il fait également la connaissance de Max Jacob, dont il peindra un remarquable portait quelques années plus tard, et se lie sentimentalement avec Jeanne Bourgoint, une mannequin qui, avec son frère Jean, inspirera à Cocteau "Les Enfants Terribles".

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En 1926, Diaghilev confie à Wood la création des décors et costumes du ballet Roméo et Juliette mais cette commande est annulée au dernier moment. Dans sa biographie de Jean Cocteau, Claude Arnaud cite Kit Wood pour cette année 1926: << Les amis de Christian Bérard, ces peintres dits néo-humanistes hostiles à l'abstraction qui avaient fait de l'hôtel Welcome leur Bateau-Lavoir n'étaient pas non plus des grenouilles de bénitier. Les couloirs du Welcome résonnaient sans cesse, en cette année 1926, des bruits des fêtes qui donnèrent Francis Rose, dix sept ans, Leonid Berman ou Kit Wood, un jeune anglais opiomane lui aussi.>>.


 La plage des Marinières
Wood retourne alors en Angleterre où il prend part aux activités du Groupe de Londres puis, en 1927, de la Seven and Five Society en compagnie, entre autres, du couple Nicholson. Il ne cessera cependant pas de faire des trajets entre le Royaume-Uni et la France où il se rendra tantôt en Bretagne, tantôt dans le sud de la France ou en Cornouailles, exposant avec les Nicholson à Paris ou à Londres.

Christopher Wood - Horses in Paris, 1924

Pablo Picasso le considérait comme un génie en puissance. Fasciné par ses peintures brutes qu'il comparait à celle du douanier Rousseau.

Christopher Wood - Anemones In A Cornish Window


Avec les Nicholson, Kit se rend en 1928 dans le Cumberland puis dans les

 Cornouailles britanniques, stimulé par l’implication de Ben dans son propre travail artistique. Durant un voyage à St Ives, avec celui-ci, il rencontre le peintre-pêcheur Alfred Wallis, dont le style naïf répond à leurs aspirations communes à une expression primitive de la peinture ; cette influence finira d’asseoir le style personnel de Wood. Après une aventure malheureuse avec la peintre et riche héritière Meraud Guiness, il se lie avec Frosca Munster, une aristocrate russe qui a fui la révolution bolchevique. Cette dernière parait apporter un semblant d’équilibre à Wood qui demeure très dépendant des drogues, quoiqu’il peigne de plus en plus.
En juin 1930, Wood se rend dans la station balnéaire de Tréboul, dans une région alors prisée par les peintres depuis le passage de Gauguin dont il admire l'oeuvre, avec celle de Van Gogh. Il y vit dans un petit hôtel et y travaille notamment en compagnie de son amant, le peintre anglais Francis Rose, et de Max Jacob qui l’y a rejoint. S'il produit beaucoup durant cette période, sa dépendance à l’opium est devenue telle que l’argent que lui font parvenir Frosca et Tony, sans cesse en voyage, ne suffit plus. Malgré les attentions de ses amis, il ne peut résister et finit par s’intoxiquer en fumant les déchets d’opium. Il décide alors rejoindre l’Angleterre pour obtenir l’aide de ses parents.
Christopher Wood, Zebra and Parachute, 1930
Christopher Wood, Zebra and Parachute, 1930

Une de ces dernières toiles, le zèbre et le parachutiste ouvrait des perspectives que son oeuvre jusque là ne laissait pas présager, malheureusement la mort ne lui a pas laissé le loisir de les parcourir.

Carnations in a Glass Jar


Il quitte la Bretagne, emportant les tableaux avec lesquels il projette de faire l’ouverture de la galerie londonienne Wertheim, qui doit avoir lieu en octobre de la même année. C’est alors, le 31 août 1930, qu’il tombe sous un train à la gare de Salysburry dans des circonstances restées mystérieuses : son addiction à l’alcool et à l’opium, ou encore ses troubles mentaux l’ont possiblement poussé à commettre un suicide mais sans que l’éventualité d’un accident puisse être écartée.
Certains songent même à un crime. Durant les dernières semaines avant l'accident, ses proches le décrivent comme paranoïaque, ne se déplaçant plus qu'avec un révolver, persuadé qu'il était suivi par des agents secrets. Pour quels mystères qu'il aurait percé? Et, si l'opium, au lieu de le rendre fou l'avait fait extra-lucide? Si, au moment où, de son vivant, il allait atteindre la renommée et la reconnaissance, quelqu'un l'avait poussé sous les roues du train?s'il avait eu raison? C'est la thèse du suicide que retinrent ses amis parisiens, en particulier René Crevel que la mort de Kit Woot fit s'éloigner de cet autre opiomane qu'était Cocteau.











Dans les années suivant sa mort, plusieurs expositions posthumes de ses tableaux seront organisées par d’importantes galeries londoniennes (Wertheim, Lefevre, Redfern,…) qui compteront dans l’élan donné au néo-romantisme anglais. En 1938, il figurera au pavillon anglais de la biennale de Venise et la Royal Academy organisera une importante rétrospective qui achèvera de consacrer son œuvre, désormais largement représentée dans les collections publiques d’Europe et des États-Unis.
the jokey, 1923
The Bathers (France, 1927)
Nude in a bedroom Francis Rose, 1930
Francis Rose, Saying Life:" sa modestie associée à une beauté pâle et une sensibilité excessive, dominait sa vie autant que sa peinture. C'était un peintre à la fois naïf et sophistiqué. Il voyait comme les primitifs et avait comme les primitifs le sens de la couleur pure et l'élimination de ce qui n'était pas nécessaire. Il avait le même sens de la lumière que Chardin et il est certainement le seul grand peintre anglais du XXè siècle".
Jean Bourgoint, 1926

Christopher (dit Kit) Wood: Marins devant le Welcome 1926. Le dessin est dédié à Jean B(ourgoint), modèle des Enfants Terribles (Kit Wood fut l'amant, au moins de sa soeur Jeanne)
Constant Lambert, 1926
Christopher Wood, Cumberland Landscape (Northrigg Hill), 1928
Christopher Wood, Cumberland Landscape (Northrigg Hill), 1928
Christopher Wood, Flowers, 1930
Christopher Wood, Flowers, 1930
Christopher Wood, Pill Creek, Feock, Cornwall, 1928
Christopher Wood, Pill Creek, Feock, Cornwall, 1928
Christopher Wood, Porthmeor Beach, 1928
Christopher Wood, Porthmeor Beach, 1928
Christopher Wood, The Blue Necklace, 1928
Christopher Wood, The Blue Necklace, 1928
Christopher Wood, Le Phare, 1929
Christopher Wood, Le Phare, 1929
The Fisherman's Farewell 1928 by Christopher Wood
Christopher Wood, The Fisherman’s Farewell 1928



Trois marins et une fille


Chris Wood French cyclists (and a girl...)

Cocteau, avec qui Wood  (c'est un Dieu, écrivait le peintre anglais à sa mère) partagea un atelier parisien,

 

mentionne dès 1924 le passage de Wood (en compagnie de Tony de Gandarillas lors de leur voyage à Monaco) à l'hôtel Welcome

Portrait par Cocteau retrouvé dans les papiers de Wood.
Dans leur bulletin mensuel, les excellentes éditions Quinte feuilles (http://quintes-feuilles.com/Fevrier%202014.pdf) reviennent sur les relations entre Christopher Wood et Max Jacob. Voir ci-dessous:
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Animaux?











Des hommes







Constant Lambert
le même

baigneur 1927



 Tony de Gandarillas 1922

 
Tony assis

 Georges Auric 1926





 



























































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