vendredi 15 juin 2018

Crucifixion


 fresque du Colisée, 6è siècle

Cette représentation très ancienne n'a probablement pas de rapport avec le récit des Evangiles quoiqu'elle comprenne le trio familier, et d'autres séquences liées au parcours de la passion. Elle semble toutefois apporter, outre la position assise, d'autres précisions sur le déroulement ordinaire de la mise en croix; dans les Lois de Pouzzoles (Lex Puteolis) chargées de régir l'ordonnancement des exécutions programmées en "interlude" des spectacles de cirque, on lit:

Pour toute punition ordonnée le magistrat doit donner des ordres appropriés; lorsque ces ordres sont donnés le contracteur (redemptor) doit s'assurer que le châtiment ait lieu, que les croix (ou poteaux) soient dressées et que soient fournis gratuitement les clous, de la poix (du bitume pecem) de la cire, des bougies et tout le nécessaire.

Ce "nécessaire" semble entre autre composé de divers combustibles dont on enduisait le "milieu" du condamné, les traces de calcination sur les stipes faisant supposer que les brasiers allumés dessous n'étaient pas uniquement destinés à tuer le supplicié par asphyxie. Pour ne pas lasser les spectateur, on lâchait dans certains cas les fauves dressés à les achever.

 Justus Lipsius 1594




La crux capitata ou immissa, celle qui devient la représentation ordinaire des chrétiens semble avoir été fréquemment utilisée par les romains comme instrument d'infamie pour la persécution des premiers chrétiens, qui étaient également attachés à des poteaux pour brûler comme des torches.



 Henryk Siemiradski Les torches

Ce modes d'exécution est interdit par Constantin après sa conversion. Les romains le réservait aux esclaves, par extension aux affranchis, aux pauvres.



Fedor Brunnikov


Francis Brangwyn

 Sénèque (Dialogue 6, 20-3) : "Je vois chez les tyrans des croix de plus d'une espèce, variées à leur fantaisie : l'un suspend ses victimes la tête en bas ; l'autre leur traverse le corps d'un pieu qui va des parties intimes à la bouche, d'autres leur étendent les bras à une potence ; je vois leurs chevalets, leurs verges sanglantes, leurs instruments de torture pour mes membres, pour chacune des articulations de mon corps ; mais là aussi je vois la mort. Plus loin, ce sont des ennemis couverts de sang, des citoyens impitoyables ; mais à côté d'eux je vois la mort. La servitude cesse d'être dure, quand l'esclave, dégoûté du maître, n'a qu'un pas à faire pour se voir libre. Contre les misères de la vie, j'ai la mort pour recours."

2 commentaires:

  1. En ce temps là on savait comment organiser en détail des spectacles captivants, qui ne risquaient pas de lasser pas les spectateurs … et surtout pas les artistes ! Heureusement, reste la consolation de la mort selon le sage Sénèque.

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    1. Sans compter le renouvellement constant des acteurs ce qui permettait comme vous le dites justement de ne pas lasser le spectateur. Si les lions étaient frustrés par l'exercice car chaque crucifié était un déjeuner de moins pour eux dans l'arène en revanche les corbeaux y trouvaient un grand avantage.
      Comme organisateur de ce genre de réjouissance Crassus fut le meilleur. Il crucifia des centaines d'esclaves révoltés qui avaient suivi Spartacus le long de la route qui menait du sud de la botte jusqu'à Rome.

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