vendredi 8 juin 2018

La puissance et l'éternité, Alix senator 7



Le tome 6 d'Alix senator avait laissé Alix dans une mauvaise situation. Prisonnier du préfet Barabarus, une créature de l'inquiétante Livie, l'épouse d'Auguste, il se retrouve maintenant murés dans le tombeau d’Auguste où Alix et Kephren attendent la mort. Le fils d’Enak aura tout perdu dans sa quête de . Ignorant leur sort, l’empereur a ordonné à sa sœur, Lidia, de détruire la Cybèle d’orichalque, la cette terrible idole qui aurait le pouvoir de rendre éternel. Elle est cachée en Italie. Nul ne devra jamais plus pouvoir s’en emparer. 


Il est extrêmement difficile de parler de cet album sans spolier ce qui serait très dommageable pour le plaisir de la lecture. Mais je vous en ai déjà peut être trop dit... Sachez seulement que la série pourrait très bien s'arrêter avec "La puissance et l'éternité" mais ce n'est pas le cas puisque la dernière case nous révèle le titre de l'opus suivant: "La cité des poisons". Je peux vous dire qu'un des personnages principaux de la série va mourir et que l'action se déroule à Rome et à Cume; que la quête folle de Kephren arrive à son terme et les mystères entourant la fameuse Cybèle d'orichalque se dissipent progressivement. Le scénario de Valérie Mangin est riche en rebondissements, il distille aussi quelques informations importantes quant à l'histoire des personnages principaux...



Je n'ai pas l'outrecuidance de penser que les auteurs d'Alix senator lisent ma prose cependant Thierry Demarez a suivi une de mes requêtes concernant la géographie de l'album c'est à dire l'ouvrir et le fermer, cette fois, dans la grande tradition martinienne par une case panoramique. "La puissance et l'éternité" se déroulant presque exclusivement en ville cela donne quelques belles aperçues d'architectures antiques, ce que les albums précédents d'Alix senator proposaient peu.


Si la qualité des décors s'est encore améliorée, les visages, en particulier celui d'Alix ne sont pas encore à la hauteur de la beauté du rendu des lieux dans lesquels les personnages évoluent. Demarez ne parvient pas encore "à tenir" graphiquement ses héros donnant quelques cases gênantes où l'on à presque du mal à les reconnaitre. C'est surtout le cas pour Alix, pour son fils et pour Auguste. Il a également tendance à outrer les expressions des visages jusqu'à la grimace. Ses visages féminin sont assez stéréotypées, il n'est pas toujours évident par exemple de distinguer Lydia de Livie. Et puis son dessin manque de la discrète sensualité que Jacques Martin ou encore Christophe Simon insufflaient dans la moindre case.
Il ne faudrait pas oublier Jean-Jacques Chagnaud qui avec la subtilité de sa mise en couleur apporte beaucoup à l'esthétique des planches.  




Cet album est par excellence celui des forces souterraines des délires portés à leur intensité la plus grande. En cela qu'il explore les régions de l'envers. C'est l'Hadès. Si le monde martinien faisait une grande place aux souterrains et autres cryptes, ils sont omniprésent dans Alix senator, en particulier dans cet album renforçant le coté sombre et nocturne de la série.
Le fantastique qui a toujours pointé son nez dans les aventures d'Alix est encore beaucoup plus présent ici, ce qui n'est guère surprenant puisque Valérie Mangin a également scénarisé une série de science-fiction mais parfois, à voir l'idole monstrueuse de la grande mère on a plus le sentiment d'être chez Lovecraft que chez Jacques Martin...
A lire ce septième opus on s'aperçoit que Valérie Mangin savait très bien depuis le début où elle allait. Les conversations que tenaient auparavant certains personnages prennent maintenant tout leur sens. L'ensemble de la série devient en fait une sorte de grand roman, dont chaque album n'est plus qu'un simple chapitre. 
Les choix historiques sont marqués, s'il n'est pas rare chez les historiens de la Rome antique de trouver des portraits à charge de Livie, elle est ici la grande méchante de la série, cette image ne fait cependant pas l'unanimité. Il semble surtout que Valérie Mangin  se soit inspiré de la Livia de "Moi Claude empereur de Graves qui la présente comme la responsable de toutes les morts suspectes dans l'entourage d'Auguste.




Je conseille aux lecteur un peu oublieux de l'Histoire romaine d'acquérir l'édition de luxe, guère plus couteuse que l'édition courante car comme dans chaque tome, il y trouvera en plus des pages documentaires, joliment illustrées, traitant de certains aspects historiques de ce qu'il vient de lire.
Je les complèterais pour ma part de deux remarques. Premièrement Lydia s'appelais en réalité Octavia. C'était une des deux soeurs aînées d'Auguste. Jacques Martin, dans le TOMBEAU ETRUSQUE, album dans lequel elle apparait pour la première fois, l'a probablement gratifiée d'un nom différent pour éviter l'homonymie avec son frère. Deuxièmement  lorsque Livie fait allusion à la mort de son père. Un petit "récitatif" n'eut pas été superflu car on aurait alors mieux compris la réflexion d'Auguste: << Ma femme appartient à la très haute aristocratie... Bien plus que moi.>>. En effet père le père de Livie (elle fait allusion à sa mort) était Marcus Livius Drusus Claudianus (par adoption, mais son nom d'origine était Appius Claudius Pulcher, homonyme et parent de l'agitateur Clodius). C'était un ancien partisan de Jules César, qu'il abandonna au profit du parti républicain, et se suicida en 42 après la bataille de Philippes (remportée par Antoine et Octave.






Pour retrouver Alix et Jacques Martin sur le blog: une exposition Marc Jailloux à propos d'Alix "Le serment du gladiateur"Jacques Martin, auteur classiqueLe Fleuve de Jade, une aventure d'Alix par J. Martin et R. MoralesLa conjuration de Baal de Christophe Simon et Michel LafonALIX SENATOR, LES AIGLES DE SANG, DESSIN THIÉRRY DÉMAREZ, SCÉNARIO VALÉRIE MANGINAlix l'intrépide de Jacques MartinUN SONGE AUTOUR DU PÉPLUM (réédition augmentée)Pour se souvenir de l'exposition Jacques Martin à la Maison de la bande dessinée à Bruxellescase en exergue,Jacques MartinAlix nuAlix vu par Pierre JoubertLe Démon du Pharos, une aventure d'Alix, dessinée par Christophe Simon, scénarisée par Patrick WeberMartin, L'Histoire en héritageKnossosLes démon de Sparte, une aventure d'Alix senator par Thierry DemarezLa conjuration de Baal de Christophe Simon et Michel LafonLe hurlement de cybèle, une aventure d'Alix senator de Thierry Demarez et Valérie ManginPar-delà le styx de Marc Jailloux et Mathieu BredaLe prince du Nil de Jacques MartinAlix réinterprété par Jean-François CharlesAlix à DrouotPar-delà le Styx, un album d'Alix dessiné par Marc Jailloux et scénarisé par Mathieu BredaAlix vu par ses dessinateursAlix Enak, amitié érotiqueLa dernière conquête, une aventure d'AlixUn épisode de la vie d'Alexandre le grand, vu par Jacques MartinAlix à JérusalemAlix Senator - T6 - La montagne des morts de Thierry Démarez et Valérie Mangin

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