lundi 24 septembre 2018

Apollon et Hyacinthe de Stefano Ricci





Satan habite au 21 de Jean-Pierre de Lucovich




J'ai été content de retrouver Jérôme Dracéna, détective privé de son état, mi Nestor Burma, mi Jérôme K. Bloche (le prénom serait-il un clin d'oeil?). Dans cette nouvelle aventure on retrouve, ce qui m'avait particulièrement séduit dans « Occupe toi d'Arletty, l'habile mélange entre personnages fictifs et réels, appartenant notamment au monde du cinéma (savoureuse évocation de Pierre Brasseur en fin de volume) Après son précédent contrat où il devait sauver la mise à Arletty qui était ennuyé par des malfaisants. Cette fois c'est au docteur Petiot auquel Dracéna devra se mesurer. Le roman commence le 11 mars 1944. Appelés pour un incendie rue Le Sueur, les pompier et la police découvrent dans les caves d'un hôtel particulier un charnier de vingt-sept cadavres se dissolvant dans la chaux vive. L'enquête révèle que le propriétaire, un certain docteur Petiot avait promis aux victimes de les faire passer en Amérique du sud moyennant finances. Dracena se lance à la poursuite du satanique docteur. 44, fin de l'occupation, est-ce à cause de l'âge du capitaine, de Lucovich n'est pas un tendron, mais je trouve que notre auteur brûle bien vite ses vaisseaux
L'auteur après « Occupe-toi d'Arletty! »  continue à nous faire visiter le Paris de la collaboration. C'est comme si on y était, un véritable guide des plaisirs du « gross Paris » en cette année 1944 où cela commence à sentir le roussi pour les verts de gris et leurs affidés. Lecture très utile avant de monter dans votre machine à remonter le temps même si je ne suis pas sûr que le lieu et la période soient particulièrement indiqués pour un voyage spatio-temporel.. Alors que dans le premier volet des aventures de Jérôme Dracéna, de Lucovich restait assez fidèle à la réalité des personnages historiques, dans ce deuxième opus il s'en éloigne, pour certains, considérablement, en particulier pour Petiot dont il fait une sorte de Fantomas mâtiné de docteur Mabuse et de Mangele. Idem pour la comtesse Tchernycheff qui certes n'était pas sucrée comme aurait dit mon aïeul, mais n'était tout de même pas ce génie du mal que met en scène de Lucovitch, une sorte de Lady X (les lecteurs de Buck Danny me comprendront) en bien sûr beaucoup plus sexuel. Pour qui veut en savoir plus sur la dame et quelques unes de ses collègues, il faut lire « Les comtesses de la Gestapo » de Cyril Eder, ce n'est pas un chef d'oeuvre de l'essais historique, le livre est beaucoup trop superficiel, mais il vous donnera néanmoins une bonne idée du pédigrée de ces dames... Livre, comme « Satan habite au 21 » vivement conseillé aux lecteur de Modiano qui retrouveront un certain Pagnon et les garage abandonnés de Levallois...
Si l'on ne s'ennuie pas en suivant la quête de notre détective pour mettre hors d'état de nuire le satanique docteur, c'est tout de même un peu longuet et mou dans la narration. Heureusement certaines « sorties » des comparses de Dracéna sont dignes de Michel Audiard! Comme presque tous ces romans policiers historiques, le décor est plus soigné que l'intrigue. Elle est un peu lâche et court trop de lièvres à la fois. On se perd un peu dans la foule de ces sinistres personnages. Mais de Lucovich connait toutes les turpitudes et ragot du petit demi monde des collabos. Comme toujours avec les héros récurrent notre Jérôme est increvable, pour la résistance (sans jeu de mots), il n'est en rien inférieur au Bernie Gunther de Philip Kerr, indépassable modèle du genre.


Ah j'allais oublier de vous prévenir, lire ce roman c'est un peu comme lire un ouvrage sur le Titanic dont on apprendrait dans les dernières pages qu'il n'a pas rencontré d'iceberg mais c'est transformé en zeppelin! Et on dit que les romanciers français manquent d'imagination!  

Pour retrouver les livres de Jean-Pierre de Lucovich sur le blog: Occupe-toi d'Arletty de Jean-Pierre Lucovich

Pour retrouver sur le blog quelques livres se rapportant à l'occupation: Mon journal depuis la Libération de Jean Galtier-BoissièreL'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski de Romain SlocombeLes boulevards de ceinture de Patrick Modiano1940 - 1945 Années érotique de Patrick BuissonOccupe-toi d'Arletty de Jean-Pierre LucovichDans le café de la jeunesse perdue de Patrick ModianoL'affaire Sadorski de Romain SlocombeSept Frères par Hervé Boivin, Didier Convard et Jean-Christophe Camus,FONTENOY NE REVIENDRA PLUS DE GÉRARD GUÉGAN


Pour retrouver sur le blog quelques films se rapportant à l'occupation: LE PLUS BEAU PAYS DU MONDE de Marcel BluwalMONSIEUR MAX de Gabriel AghionUn amour à taire, un film de Christian Fauré



case en exergue: Roberto Meli

Avec cette case extraite de la biographie dessinée de Robespierre on comprend immédiatement pourquoi Robespierre est le personnage historique préféré de Mélenchon, ils partagent le même air avenant...

Vasily Tsagolov, Love Triangle, 2005


Rosario Salerno, David, 2012


Achille Funi




Funi est née à Ferrare en 1890 . Il a étudié à l' Académie des Beaux-Arts de Brera de 1906 à 1910 et a rejoint le mouvement Nuove Tendenze en tant que peintre d'œuvres cubo-futuristes en 1914. Après s'être enrôlé dans le Bataillon de volontaires  Il a étudié la statuaire gréco-romaine et a été influencé par la peinture métaphysique de De Chirico . Son autoportrait Autoritratto da giovane , 1924, se trouve au Museo Cantonale d'Arte de Lugano . 


Entré en contact avec Margherita Sarfatti , il fut l'un des membres fondateurs du groupe Sette Pittori di Novecento en 1922, puis l'un des dirigeants de Novecento Italiano [3], participant aux première et deuxième expositions du mouvement ( Milan , 1926 et 1929). ). Auteur de nombreuses fresques dans les années 1930, il est signataire du Manifeste della Pittura Murale avec Mario Sironi en 1933 et devient l'un des artistes les plus estimés par le régime fasciste, obtenant un poste d'enseignant à l' Académie Brera en 1939. [ 4] Après la seconde guerre mondiale , les travaux de décoration des édifices publics et religieux de Milan se sont poursuivis et les paysages parallèles. Il mourut à Appiano Gentile le 26 juillet 1972.






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