dimanche 25 mars 2018

Foujita Peindre dans les années folles au Musée Maillol



le petit bouddha, 1919

Avant de visiter cette exposition et d'écouter l'émission qui a été consacrée au peintre, dans l'indispensable émission qu'est sur les ondes de France-Culture "La fabrique de l'Histoire" d'Emmanuel Laurentin (s'il vous plait monsieur restez encore longtemps à l'antenne) que savais-je de Foujita? Pas grand chose sinon que c'était l'une des stars des années folles qu'il avait peint les filles des boxons comme Pascin et des jolies dames lancées d'alors comme Suzy Solidor et des chats un peu comme Léonor Fini. Mon ami Murayama m'avait plusieurs fois parlé de lui puisque Fujita lui avait servi de mentor lors de son arrivée à Paris bien que le style post-impressionniste de Murayama ait bien peu de rapport avec celui de Fujita. La visite de cette exposition Foujita peindre dans les années folles a été donc riche de découvertes en ce qui me concerne comme elle devrait l'être pour la plupart de ses visiteurs. En particulier, il ne me serait pas venu à l'idée que Foujita pouvait être l'auteur de fresques "michelangesques" dans lesquelles on voit de musculeux lutteurs s'affronter. 
L'exposition est thématique. Elle présente des oeuvres qui s'étalent sur une période d'une vingtaine d'années. Des films et des photos nous montrent le Foujita mondain. Il était presque aussi cabotin que Dali! Elle s'interrompt brusquement en 1931 lors du départ soudain du peintre de Paris (seul son autoportrait en enfant est plus tardif). Cette fin m'a laissé quelque peu frustrée. On aimerait une suite, un tome 2. Fujita est mort en 1968 et il a été productif jusqu'à ses derniers mois, il y a donc encore bien des tableaux à nous montrer.
Pour en savoir un peu plus sur Foujita écoutez l'émission de France-Culture et achetez le numéro de Beaux-Art consacré à l'exposition qui contrairement au catalogue de la manifestation reproduit deux peintures de guerre de l'artiste. Des oeuvres qui ont valu à Foujita des ennuis en 1945. La situation de Foujita dans le Japon de l'immédiate après-guerre, qu'il ne tardera pas à fuir, est comparable à celle du héros d'"Un artiste du monde flottant" d'Ishiguro (https://lesdiagonalesdutemps.blogspot.fr/2017/12/un-artiste-du-monde-flottant-de-kasuo.html ).     


le lutteur Tochigiyama, 1926











portrait de petit écolier 1918


lettre au marchand Georges Chéron, 1918


lupanar à Montparnasse, 1930




autoportrait, 1928

chat, 1929

















Foujita et Youki dans l'atelier


4 panneaux initialement pour la maison du Japon de la cité universitaire de Paris, 1928, 
































Paris, mars 2018



2 commentaires:

  1. À lire et regarder votre intéressant compte rendu, je découvre que je connais bien mal Foujita, qui mérite d’être mieux connu sans doute ... Voilà qui me donne envie d’écouter d’abord l’émission consacrée au peintre, de ce cher Emmanuel Laurentin - je me joins à vos louanges à son sujet !- ensuite peut-être de visiter l’expo ...

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    1. Comme toujours mon petit reportage sur l'exposition est partial et partiel. Celle-ci à ma surprise semble attirer beaucoup de monde alors que ce peintre me paraissait bien oublié. Elle est si bien présentée et si bien documentée qu'elle engendre une frustration. Espérons qu'elle aura une suite.

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