jeudi 1 novembre 2018

visite à Heriapolis





Hiérapolis (en grec ancien Ἱεράπολις / Hierápolis (« ville sacrée »)) est une station thermale créée vers la fin du iie siècle av. J.-C. par la dynastie des Attalides. Elle est située au sommet de la colline de Pamukkale, bien connue pour ses sources chaudes et ses concrétions calcaires, à 15 km de la ville de Denizli en Turquie. La cité antique de Hiérapolis atteste du rayonnement de la présence hellénistique, puis romaine (du iie siècle av. J.-C. au ive siècle ap. J.-C.) en Asie Mineure. 











La cité hellénistique est bâtie selon un plan en damier, de part et d'autre de l'avenue principale. Celle-ci est orientée nord-sud et mesure environ 1 500 m. À chaque extrémité se dresse une porte monumentale flanquée de tours. Une autre porte, dite « porte de Domitien » est proche de la porte nord. Il s'agit plutôt en fait d'un arc de triomphe à trois arches flanqué de deux grosses tours rondes qu'a fait construire le proconsul Frontinius.











Tout le long du site, surtout du côté Nord, se trouve une vaste nécropole, qui compte plus de 1 200 tombes de différentes époques. De nombreuses personnes étrangères à la ville et venues pour y recevoir des traitements médicaux y furent ensevelies, dans des tombeaux de styles divers, conformes à la provenance des défunts. Les monuments funéraires sont essentiellement de quatre types :
  • De simples tombes, pour le commun du peuple.
  • Des sarcophages, souvent de marbre et recouverts d'un toit à double pente. Ils comportent des bas-reliefs et des épitaphes, qui livrent de nombreuses informations sur les populations de leur époque.
  • Des tumulus circulaires comportant une chambre voûtée à l'intérieur.
  • De grandes tombes familiales, ayant l'aspect de temples.




les thermes du nord






Le Nymphéum se trouve dans l'aire sacrée, devant le temple d'Apollon. Il date du iie siècle et était consacré aux Nymphes, déesses des eaux. Une fontaine monumentale distribuait l'eau dans la cité par un réseau complexe de tuyauteries. Le Nymphéum fut réparé au ve siècle avec des éléments du temple d'Apollon, dont il coupa la vue. Les statues qui s'y trouvaient sont exposées au musée.




Du temple d'Apollon ne subsistent que les fondations, mais son aspect est bien connu, du fait qu'il figurait sur les pièces de monnaies locales. Il était à l'origine de style dorique, puis il fut reconstruit à la manière romaine. Comme à Delphes et à Didyme, on y délivrait des oracles. Construit sur une faille géologique, il communiquait avec le Plutonium, c'est-à-dire le sanctuaire de Pluton, dieu des Enfers. Ce sanctuaire jouissait d'une grande notoriété, puisque plusieurs auteurs latins, dont Strabon, nous le décrivent. Il s'agit pourtant d'une caverne de petite dimension. Mais elle dégageait des gaz suffocants qui s'évaporaient des flots d'eau chaude qui y coulaient et qui étaient censés être envoyés par Pluton. Une vaste zone, devant l'entrée, était interdite d'accès. Dans les temps anciens, des prêtres castrés y conduisaient des animaux, qui y mouraient. Selon Pline l'Ancien, eux-mêmes y pénétraient, et le fait qu'ils en sortaient vivants les faisaient passer pour des miraculés, favorisés des dieux, ce qui leur conférait un grand prestige.















Le premier théâtre fut construit après le séisme de l'an 17, reconstruit après celui de 60 et maintes fois remanié, en particulier sous Hadrien et Septime Sévère. Orné de nombreux bas-reliefs et statues, visibles pour certaines dans le musée, il pouvait accueillir 15 000 personnes.







La piscine antique (dite bain de Cléopatre) : à l'époque impériale romaine, une quinzaine de bains et piscines étaient à la disposition des visiteurs. Celle qui subsiste aujourd'hui, et qui est toujours exploitée, vit son portique s'écrouler lors du séisme du viie siècle.


Heriapolis, Turquie, octobre 2018






3 commentaires:

  1. Les jeux d'ombre sur les gradins sont superbes.
    Merci pour cette belle visite virtuelle et pour vos billets

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  2. Avez-vous visité le site naturel de Pamukkale, avec ses concrétions et ses bassins étagés aux eaux turquoises ? J’en ai un très beau souvenir. Par contre c’est un comble, je n’avais pas vu les vastes et grandioses ruines d’ Hériapolis . Merci pour cette belle découverte !

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    1. Je suis allé à Pamukkale, que j'ai visité, parce qu'il y avait Hériapolis sinon je crois que je n'y serais pas allé. Je ne suis pas très intéressé par la géologie contrairement à l'Histoire et particulièrement à l'Histoire romaine. Je tente donc de voir le plus possible de sites où se trouve des vestiges de la civilisation romaine.

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