vendredi 1 février 2019

Le château de Cagliostro de Miyasaki




Le château de Cagliostro est le premier long métrage pour le cinéma réalisé par Miyasaki. Il est sorti sur grand écran en 1979 au Japon mais jamais jusqu'à ce jour en France bien qu'il soit déjà disponible depuis quelques temps en DVD. C'est aussi le seul film de commande qu'a réalisé Miyasaki. Le film est une extension d'une série de dessins animés qui avait un grand succès au Japon. Un certain nombre de ceux-ci ont été diffusés sur le petit écran en France au début des années 80 sous le titre Edgar de la Cambriole.




Le personnage d'Edgar, sous son nom japonais de Lupin III dit Lupin le Troisième, est une création du mangaka Kazuhiko Kato qui signe alors son oeuvre sous le pseudonyme Monkey Punch. Edgar est né dans le manga Lupin the 3rd en 1967. Ce héros est ainsi désigné comme le petit-fils d'Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur créé par l'auteur français Maurice Leblanc, mais né d'une mère japonaise. Jovial et malin, il est un féru de gadgets et un coureur de jupon. L'auteur réalisera deux séries mangas sur lui : une première de 14 volumes de 1967 à 1972 puis une deuxième en 17 tomes de 1977 à 1981.




Le héros du film est Lupin, avatar (et descendant) de l'Arsène Lupin de Maurice Leblanc dont il reprend quelques traits celui de séducteur des dames mais toujours dans l'honneur, un sens certain de l'humour (mais d'un humour très japonais) et bien sûr son talent pour la cambriole, bien que ce Lupin là fasse plus penser aux Pieds Nickelés qu'au locataire de l'aiguille creuse.





des images de courses poursuites qui sont des hommages à la Fiat 500!


Dans "Le château de Cagliostro", Lupin est sur la piste d'un vaste réseau de fausses monnaies à l'échelle internationale qui aurait par le passé influé sur la destinée de l'Histoire (déjà du complotisme!). Lupin et son acolyte Jigen s'aperçoivent après le braquage d'un grand casino de la Riviera que leur butin n'est composé que de faux billets! Son enquête, notre voleur est ainsi un peu policier, le mène dans la principauté de Cagliostro, ce nom dira quelque chose aux lecteurs de Leblanc, au centre de ce petit état se dresse un majestueux château dans lequel le comte Cagliostro régent de la principauté retient prisonnière la princesse Clarisse afin de l'épouser. La réunion de leur chevalière doit donner la clé pour découvrir le trésor des Cagliostro, mais s'était sans compter avec Lupin.




Miyasaki n'est pas plus responsable du scénario, très classique, que des personnages qui heureusement le sont beaucoup moins, mais il a du faire avec ses contraintes pour apposer sa patte sur le film et il y a parfaitement réussi. On y découvre déjà les obsessions du grand cinéaste comme celle les châteaux tentaculaires, celui de Cagliostro préfigure ceux du "Château dans le ciel", l'autogire du comte trouvera des successeur dans les curieux engins volants présents dans presque tous les film du maitre et clarisse est la jeune fille pure mais courageuse héroine  type du cinéma de Miyasaki. On trouve déjà aussi dans ce premier opus de Miyasaki sa passion pour les engrenages et les belles mécaniques. Le château est truffé de portes secrètes de trappes fatale souvent muent par d'ingénieux mécanismes greffé sur une architecture moyenâgeuse. 
Le décor de la principauté de Cagliosto pré-figure celui de nombreux films du cinéaste cette sorte de riviera italienne que l'on retrouvera par exemple dans "Porco Rosso". Pour l'architecture l'influence du Roi et l'oiseau de Paul Grimault est perceptible. 


Le film n'est qu'une suite de rebondissements de courses poursuites haletantes ponctuées par des gags jubilatoires ce qui n'est pas habituel chez Miyasaki et qui est l'heureux plus de ce premier film qui est déjà un coup de maitre. L'animation d'une grande fluidité n'a pas pris une ride. Comme toujours pour les animés japonais préférez le voir en V.O. Même si Le doublage n'est pas mauvais (la voix de Jingen est réalisé par Philippe Peythieu, alias la voix d'Homer Simpson).


Le château de Cagliostro est un rayon de soleil qui a mis quarante ans pour venir réchauffer notre hiver de 2019. Mais cela valait la peine d'attendre.  






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